Farwest Teyla
déchéance
Chapter 1
by
Teyla

J'arrivais à Savannah avec les 14 autres filles et deux "esclaves" après un voyage fatiguant à bord d'un bateau à vapeur le long du Mississipi, ma mission était clair espionner les préparatifs de la guerre qui allait être inévitable entre le nord et le sud pour cela, Sarah avait obtenu les moyens pour monter un saloon, salle de jeu doublé d'un bordel de luxe.
Nous avions été volontaires, il fallait apporter un maximum d'information sur la région, les mouvements de troupes, cette ville ne serait pas forcément en première ligne mais serait vitale pour l'effort de guerre, j'admirais surtout les "deux esclaves" Matthiew et Clara qui avaient accepté de revenir dans le sud pour nous aider et confirmer notre couverture.
Nous arrivions alors que les travaux étaient terminés et même moi j'étais époustouflé par le luxe du lieu, suivie des filles qui jouaient parfaitement leur rôle avec des rires, des oeillades envers les passants masculins, un médecin complice s'était installé un mois avant, Sara voulait limiter les risques, et s'assurer la préservation de ses filles.
Avant d'entrer dans nos locaux, les employés nous attendaient, Sarah fit taire les rires et commentaires graveleux indigne de filles même de petite vertue, elle était de 5 ans notre cadette mais nous la respections toute.
- Mesdemoiselles silence un peu de dignité, inspectons notre nouveau domaine, c'est moi qui attribuerait vos chambres donc pas de crépages de chignons.
la dignité fut vite oublié à l'intérieur, Sarah leva les yeux au ciel alors que nous découvrions notre nouveau domicile, le salon d'accueil avec des tentures tapageuses mais luxueuses, des canapés confortables pour attendre les clients, avec des tables pour servir les meilleurs alcool, une salle de jeu magnifique, un restaurant, à l'étage de nombreuses chambres qui verraient nos ébats contre rémunération.
Sarah claqua des doigts, et les filles se figèrent dans un silence à peine troublé par le crissement des étoffes soyeuses sur le parquet ciré.
- Clara, Matthew, restez près de l’entrée, ordonna-t-elle d’une voix basse mais tranchante. Si quelqu’un frappe avant l’ouverture officielle, vous êtes nos domestiques, rien de plus.
Clara inclina la tête, son regard impassible masquant l’intelligence aiguisée qui nous avait déjà sauvés deux fois durant le voyage.
Sarah claqua une seconde fois des doigts, plus sec cette fois, et les dernières chuchoteries s'éteignirent.
- "Élodie, Margaux – inspectez les réserves d'alcool. Je veux un inventaire précis avant la tombée de la nuit."
Les deux femmes hochèrent la tête, leurs jupes crissant légèrement en se frottant l’une contre l’autre tandis qu’elles se dirigeaient vers l’arrière-salle. Le parquet grinça sous leurs pas qui tranchait avec malgré les tentures opulentes.
Ce soir c'est l'ouverture je vous veux dans les tenues les plus attirantes pour nos clients c'est ce qui fera notre réputation, élégance et débauche où nous assureront les fantasmes de nos clients qu'ils ne peuvent exprimer dans leur vie bourgeoise.
- "Louise, vérifie les bougies et les lampes à huile – je veux que chaque lustre brille comme l’or du Mississippi quand nos premiers clients franchiront cette porte."
Louise s’inclina, ses boucles rousses frôlant les épaules dénudées de sa robe écarlate, avant de glisser vers le grand candélabre central. Ses doigts agiles ajustèrent une mèche trop courte, une lueur dorée dansant déjà dans le verre dépoli.
- "Sophia, vérifie les lits – pas un drap froissé, pas un oreiller mal placé."
Sophia esquissa une révérence, ses mains fines déjà occupées à redresser une étoffe invisible sur sa robe de satin noir avant de monter l’escalier en colimaçon, ses talons claquant discrètement sur les marches de chêne verni.

Les doigts de Sarah effleurèrent mon épaule en passant, la soie de ses gants glacée contre ma peau nue. "Et toi, Teyla," murmura-t-elle en inclinant vers moi sa nuque parfumée au jasmin, "vérifie les verres. Un seul grain de poussière et nous perdrons notre réputation avant même d’avoir servi le premier whisky. Ce soir champagne à gogo c'est la maison qui offre, les invitations sont faites parmi la bourgeoisie de la ville"
Je sentis le frisson de ses paroles glisser le long de ma colonne vertébrale tandis qu’elle s’éloignait hochant la tête vers Micha la seule esclave qui avait le statut de prostituée comme nous était si déterminée qu'elle m'impressionnait, elle savait que son sort serait bien pire que le notre.
Je m'approchais de l'armoire en acajou où scintillaient les verres en cristal, chaque facette captant la lueur des bougies comme autant d'étoiles tombées dans nos mains. Mon souffle fit danser la fine poussière sur le bord d'un verre à pied, une imperfection impardonnable.
Du coin de l'œil, je vis Clara ajuster discrètement son fichu tout en surveillant la porte d'entrée, ses doigts noirs contrastant avec le tissu écru.
Je saisis un linge de lin fin et commençai à polir chaque verre avec une lenteur méthodique, mes doigts enveloppant délicatement les coupes fragiles. Le cristal chantait sous la pression du chiffon, un son cristallin s'éleva donnant une ambiance surprenante avant la tempête.
Clara toussota discrètement près de l’entrée, signalant que quelqu’un approchait. Mon cœur battit plus vite lorsque des éclats de voix masculine filtrèrent depuis la rue.
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