INSTITUT DE CORRECTION FÉMININE
Reconditionnement : De Journaliste à Propriété
Chapter 1
by
Bimbo_Slut
Je m'appelais Chloé Bergeron.
Vingt-six ans. Journaliste d'investigation au Libération. Spécialisation dans les réseaux de traite humaine et l'exploitation sexuelle. Trois ans d'enquête minutieuse sur les disparitions de femmes dans le sud de la France. Quarante-deux cas documentés. Témoignages recueillis. Preuves photographiques. Enregistrements audio. Un dossier complet de deux cent trente pages prêt pour publication.
J'avais tout. Les noms. Les lieux. Les connections politiques. Le réseau s'étendait jusqu'au ministère de l'Intérieur. Des juges. Des policiers. Des hommes d'affaires. Tous impliqués dans ce que j'avais appelé dans mon article "le Pipeline de la Méditerranée" - une organisation sophistiquée enlevant des femmes françaises pour les vendre à des clients internationaux.
Mon rédacteur en chef avait validé la publication pour le lundi suivant.
Je ne suis jamais arrivée au lundi.
C'était un jeudi soir. Fin novembre. Lyon. Je sortais de la rédaction vers vingt-deux heures, mon ordinateur portable dans mon sac à dos, clé USB de sauvegarde autour du cou sous mon pull. La rue était déserte. Pluie fine. Lampadaires jetant des halos orangés sur le trottoir mouillé.
Je marchais vers le métro quand la camionnette s'est arrêtée à ma hauteur.
Porte latérale qui coulisse.
Trois hommes.
J'ai eu le temps de comprendre ce qui m'arrivait. Une fraction de seconde de lucidité absolue où tous mes articles, toutes mes recherches, tous ces témoignages de femmes disparues se sont cristallisés en une seule pensée:
Putain. C'est mon tour.
Puis le chiffon sur mon visage. Odeur chimique écœurante. Mes jambes qui lâchent. Le monde qui bascule.
Noir.
Le réveil fut graduel. Conscience qui remonte par vagues nauséeuses. D'abord les sensations: surface dure sous mon dos, froid mordant, odeur de désinfectant industriel mélangée à quelque chose d'organique et putride. Puis les sons: bourdonnement électrique de néons, bruit de ventilation mécanique, quelque part au loin un cri étouffé qui s'interrompt brutalement.
J'ai ouvert les yeux.
Plafond en béton gris. Néons nus. Murs également en béton, sans fenêtres. La pièce faisait environ quatre mètres sur trois. Sol en ciment poli légèrement incliné vers une grille d'évacuation au centre. Dans un coin, toilettes en inox sans siège ni couvercle. Dans l'autre coin, un lavabo identique. Pas de miroir. Une couchette métallique fixée au mur avec un matelas fin recouvert de vinyle bleu. Pas de draps. Pas d'oreiller.
Une porte en acier sans poignée intérieure.
Une caméra dans chaque angle du plafond.
Je me suis assise lentement. Tête qui tournait. Nausée remontant dans ma gorge. J'ai avalé plusieurs fois pour la repousser.
Mes vêtements avaient été changés. Mon jean, mon pull noir, mes bottines, mon soutien-gorge, ma culotte - tout avait disparu. À la place, je portais une blouse d'hôpital en coton blanc grossier qui s'attachait dans le dos par des ficelles, s'arrêtant à mi-cuisse. Rien en dessous. Pas de sous-vêtements.
Mes bijoux avaient également disparu. Ma montre. Mes boucles d'oreilles. Mon collier avec la clé USB.
La clé USB.
Putain.
Mon sac à dos. Mon téléphone. Mon ordinateur. Tout disparu.
Mais l'article était sauvegardé sur les serveurs du journal. Sur mon cloud personnel. Envoyé à trois contacts de confiance. Ils ne pouvaient pas l'effacer complètement. Mon rédac' chef savait où j'étais ce soir-là. Il signalerait ma disparition. La police chercherait.
La police.
La police qui était impliquée dans le réseau.
Les flics corrompus qui avaient probablement organisé mon enlèvement.
Personne ne viendrait me chercher.
Cette pensée s'installa dans mon esprit avec la lourdeur froide d'une pierre tombant au fond d'un puits.
Je me suis levée. Mes jambes tremblaient mais tenaient. J'ai fait le tour de la cellule méthodiquement. Testé la porte - verrouillée de l'extérieur, aucun moyen de l'ouvrir. Examiné les murs - béton massif, aucune fissure exploitable. Regardé la grille d'évacuation - boulonnée au sol, trous trop petits pour y glisser ne serait-ce qu'un doigt.
Les caméras me suivaient. Je sentais le poids des regards derrière les objectifs.
Je me suis plantée face à celle du coin nord-est. J'ai levé mon majeur.
"Allez vous faire foutre. Vous savez qui je suis. Vous savez que j'ai publié l'article. C'est fini pour vous. Votre réseau est exposé. Me garder ici ne changera rien."
Ma voix résonnait contre les murs nus. Forte. Assurée.
Mensongère.
Parce que je ne savais pas si l'article avait été publié. Je ne savais pas depuis combien de temps j'étais inconsciente. Quelques heures? Un jour? Plus?
Aucune réponse ne vint de la caméra.
Le silence se referma sur moi comme de l'eau sur une noyée.
J'ai attendu.
Assise sur le lit, dos contre le mur froid, genoux remontés contre ma poitrine, blouse d'hôpital tirée sur mes jambes nues. Les néons vrombissaient. La ventilation soufflait de l'air recyclé qui sentait le moisi et l'ammoniaque.
Le temps s'écoulait différemment dans cette boîte en béton. Sans fenêtre, sans montre, sans repère extérieur, il devenait visqueux, élastique. Les minutes s'étiraient en heures ou se compressaient en secondes. Impossible de savoir.
J'ai essayé de rester active mentalement. Réciter l'article de mémoire. Me souvenir des noms. Des dates. Des lieux. Garder mon esprit affûté. Structuré. Refuser l'engourdissement de la peur.
Philippe Desmarest, commissaire divisionnaire Lyon 7ème, impliqué depuis 2019.
Sébastien Arnoux, juge d'instruction Marseille, a fait classer douze dossiers de disparition.
Victor Moreau, PDG TransEuro Logistics, ses camions transportent la "marchandise".
Je récitais. Je mémorisais. Je me raccrochais aux faits.
Parce que les faits étaient solides. Vérifiables. Réels.
Parce que sans les faits, il ne restait que la peur.
Et la peur était un abîme où je refusais de tomber.
La porte s'est ouverte sans avertissement.
Un homme est entré.
Cinquantaine. Un mètre quatre-vingt environ. Cheveux grisonnants coiffés en arrière, quelques mèches rebelles sur le front. Costume gris anthracite trois-pièces impeccablement coupé. Chemise blanche. Cravate bordeaux. Chaussures italiennes cirées. Blouse blanche par-dessus le costume, boutonnée, amidonée, immaculée.
Visage aux traits réguliers. Mâchoire carrée. Rides fines aux coins des yeux. Expression neutre, presque bienveillante. Un visage de médecin. De professeur. D'homme respectable.
Il tenait une tablette électronique dans sa main gauche.
Deux autres hommes l'accompagnaient. Plus jeunes, plus massifs. Crânes rasés. Blouses blanches tendues sur des muscles saillants. Pas de médecins. Des gardiens.
L'homme en costume s'est arrêté à un mètre de moi. Il m'a regardée avec l'intérêt clinique d'un scientifique observant un spécimen.
"Mademoiselle Bergeron. Bon réveil. Je suis le Docteur Anatole Deveraux, directeur médical de l'Institut de Correction Féminine où vous résiderez désormais."
Sa voix était douce. Cultivée. Accent du sud à peine perceptible.
Je l'ai regardé sans répondre.
Il a consulté sa tablette.
"Vingt-six ans. Célibataire. Aucune famille proche depuis le décès de vos parents il y a quatre ans. Journaliste au Libération, spécialisée dans les enquêtes sur la traite humaine. Vous avez passé trois années à compiler un dossier substantiel sur notre organisation."
Il a relevé les yeux vers moi.
"Un travail impressionnant, je dois l'admettre. Très minutieux. Malheureusement, également très problématique pour nous."
"L'article sera publié," j'ai dit. Ma voix sonnait plus ferme que je ne le ressentais. "Même si vous me gardez ici. Même si vous me tuez. Tout est documenté. Sauvegardé. Distribué."
Deveraux a souri. Pas un sourire cruel. Un sourire presque paternel.
"Oh, ma chère enfant. L'article ne sera jamais publié."
Il a pivoté la tablette vers moi. L'écran affichait mon compte cloud personnel. Mes dossiers. Mes sauvegardes.
Tous supprimés.
"Votre rédacteur en chef, Monsieur Fabrice Moreau, a reçu votre démission par email il y a deux jours. Dépression nerveuse. Besoin de repos. Vous partez voyager six mois en Asie pour vous ressourcer. Très touchant."
Il a fait défiler l'écran.
"Vos trois contacts - Madame Joubert, Monsieur Karim, Mademoiselle Fontaine - ont également reçu des messages de votre part expliquant votre départ soudain. Certains étaient inquiets, naturellement. Mais votre activité sur les réseaux sociaux depuis Bangkok les a rassurés."
Il m'a montré mon compte Instagram. Photos de temples. De plages. De plats thaïlandais. Des selfies flous où une femme qui me ressemblait vaguement souriait devant des paysages exotiques.
"Deepfake de qualité professionnelle," a précisé Deveraux. "Notre équipe technique est excellente."
Mon estomac s'est noué.
"Quant aux serveurs du journal," il a continué, "un petit problème informatique a corrompu vos fichiers. Très regrettable. Heureusement, vous aviez déjà démissionné, donc cela n'a pas d'importance."
Il a rangé la tablette sous son bras.
"Officiellement, Chloé Bergeron n'a pas disparu. Elle voyage. Elle va bien. Elle poste régulièrement sur les réseaux sociaux. Dans six mois, peut-être qu'elle décidera de s'installer définitivement à l'étranger. Ou peut-être qu'elle aura un accident tragique lors d'une excursion en montagne. Nous verrons."
Le sol semblait se dérober sous mes pieds.
Ils avaient tout effacé.
Tout.
Trois ans de travail. Disparus.
Mon identité. Détournée.
Ma vie. Volée.
"Vous ne pouvez pas..." j'ai commencé.
"Nous pouvons," a coupé Deveraux. "Nous l'avons fait. C'est terminé."
Il a fait un pas vers moi. J'ai reculé instinctivement, mon dos heurtant le mur froid.
"Maintenant, parlons de votre avenir ici. L'Institut de Correction Féminine est une installation privée dédiée à la rééducation de femmes présentant des comportements socialement inadaptés. Féminisme agressif. Insoumission. Rébellion contre l'ordre naturel. Des pathologies, mademoiselle Bergeron. Des maladies que nous soignons."
"Vous êtes complètement malades," j'ai craché.
Il n'a pas réagi à l'insulte.
"Notre programme dure dix-huit mois. Phase 1: Déconstruction. Trois mois pour briser les schémas de pensée toxiques. Phase 2: Reconstruction. Six mois pour installer de nouvelles valeurs, de nouveaux réflexes. Phase 3: Finalisation. Neuf mois pour perfectionner et certifier le résultat."
Il a consulté à nouveau sa tablette.
"À la fin du programme, vous serez vendue lors d'une enchère privée à des clients triés sur le volet. Prix estimé pour votre profil - jeune, éduquée, jolies traits, corps sain - environ quatre cent à six cent mille euros. Peut-être plus si votre progression est exceptionnelle."
Mon sang s'est glacé.
"Vous... vous allez me vendre."
"Naturellement. C'est le modèle économique de l'Institut. Nous prenons des femmes problématiques et les transformons en compagnes idéales. Obéissantes. Dévouées. Sexuellement compétentes. Psychologiquement conditionnées pour servir et plaire."
Il a rangé la tablette.
"Vous avez deux options, mademoiselle Bergeron. Option une: vous coopérez. Vous suivez le programme. Vous apprenez. Dans dix-huit mois, vous entamez une nouvelle vie auprès d'un propriétaire fortuné qui prendra soin de vous. Option deux: vous résistez. Le programme prend alors vingt-quatre mois, voire plus, et inclut des méthodes correctives plus... invasives. Le résultat final est identique, mais le voyage est considérablement plus douloureux."
Il m'a regardée avec quelque chose qui ressemblait à de la pitié.
"Je vous conseille sincèrement la coopération. J'ai dirigé ce programme pendant sept ans. J'ai traité cent quarante-trois femmes. Cent pour cent de taux de réussite. Certaines ont choisi la facilité. D'autres la difficulté. Mais toutes, absolument toutes, sont arrivées au même point final."
Il s'est dirigé vers la porte.
"Vous commencez demain matin. Sept heures. Soyez prête."
"Prête pour quoi?" ma voix tremblait maintenant.
Deveraux s'est retourné sur le seuil.
"Pour la Déconstruction, bien sûr."
La porte s'est refermée avec un claquement métallique définitif.
Le verrou a cliqué.
Je me suis effondrée sur le lit.
Et pour la première fois depuis mon enlèvement, j'ai pleuré.
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Chloé Bergeron, journaliste d'investigation de 28 ans, enquête sur un réseau de traite. Capturée, elle devient "4782" dans une clinique clandestine où Docteur Deveraux et Madame Blanc supervisent sa transformation totale. Quatre phases brutales : lavage de cerveau chimique et électrique, modifications chirurgicales, entraînement sexuel intensif avec multiples partenaires, conditionnement final. Hormones, décharges électriques, humiliation systématique effacent son identité. Son corps apprend à jouir sur commande pendant les viols quotidiens. Ses souvenirs disparaissent. Son esprit se brise. En dix semaines, Chloé meurt. 4782, esclave sexuelle parfaitement obéissante, naît. Vendue à un collectionneur, son nouveau propriétaire découvre son jouet vivant parfaitement programmé
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Updated on Feb 4, 2026
by Bimbo_Slut
Created on Feb 3, 2026
by Bimbo_Slut
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