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Chapitre 11 : Méprise

Chapter 14 by Maco2 Maco2

Le chemin vers Alburg fut assez long et fatiguant. La calèche était loin d'être au standard qu'elle attendait. C'était plus une charrette militaire transformée en calèche. Certes, c'était toujours mieux que rien, mais une tentative vaine de faire bonne impression.

Je dois prendre sur moi... .

Les bosses lui avaient donné beaucoup de mal au dos. Et enfin, ils étaient arrivés !

Un beau et grand château avec des airs assez guerriers. Au lieu des tours rondes, c'étaient des tours carrées donnant cet air plus structuré et militaire. Même une fois à l'intérieur, les couloirs semblaient plus faits pour un défilé qu'un bal.

Priscilla fut assignée à l'aile, peut-être la plus jolie et féminine. Une servante attendait là.

« Je suis Berta, votre servante personnelle. Je vais vous faire visiter. »

La chambre comme le salon ou la salle de bain étaient étonnamment vraiment à son goût.

« C'est... . »

« Bien plus vivant que vous ne le pensiez ? Rétorqua aussitôt Berta. »

« Oui en effet. »

Elle était gênée d'avoir fait ce genre de jugement hâtif. Sa gêne était visible. La servante secoua la tête.

« Ne soyez pas ainsi. Tout le monde qui vient ici au début voit la différence entre ce qu'on dit et ce qu'il en est. Et je suis plus qu'heureuse que le prince ait trouvé une femme aussi belle et douce que vous. »

Priscilla put dire que la femme était sincère. Une personne qui dit les choses sans se cacher. Si ce mariage était clairement de mauvaise augure pour elle, elle l'aurait dit aussi. C'était intriguant... . La princesse d'Elbra n'avait clairement pas la même opinion sur le prince Léo.

« Vous... au moins vous doutez, continua Berta. Laissez-moi vous expliquer les choses. Cet endroit, par exemple, est les anciens appartements de la mère de Léo. Elle n'est pas morte ou quoi que ce soit de mal. Elle a juste décidé de partir car son père est, lui par contre, un homme difficile à vivre n'ayant que la victoire à la bouche. »

Même sans connaître les coutumes exactes d'Alburg, Priscilla pouvait dire que les tissus ou encore le mobilier étaient assez vieux, comme si la pièce n'avait pas été touchée depuis des années.

« C'est ce que vous pensez. Le prince Léo a voulu laisser la pièce telle qu'elle pour qu'il ait encore un coin de sa mère avec lui. Ce n'est pas un homme froid de naissance. C'est l'éducation qu'il a reçue qui lui donne cet air. »

Guerrier, froid, qui va à l'essentiel sans saisir l'ambiance. C'était ainsi que Priscilla l'avait vu. Il lui a même demandé des choses obscènes.

Il restait un homme intéressé par le sexe opposé, oui, sauf que c'est la manière qui lui manquait. Théo aussi avait été un peu joueur et taquin avec elle, mais c'était totalement différent.

Je me serais méprise ? Il a juste du mal à exprimer ce qu'il ressent ?

« Vous voulez dire que dans le fond... c'est juste un enfant perdu ? »

Berta hocha la tête.

« En somme oui. Même quand il donne des ordres sur un ton froid, c'est de la timidité. Il la couvre derrière cette éducation stricte qu'il a reçue. Ne jamais paraître faible, ne jamais paraître perdant dans une négociation. Prendre ce que l'on veut... . Il a été élevé comme ça et pense comme ça. A-t-il été déplacé avec vous ? »

Le rouge est monté sur les joues de la princesse. La servante put lire la réponse sans l'entendre.

« Je m'excuse en partie alors. C'est un homme et il semble avoir eu un énorme coup de cœur pour vous s'il a choisi les anciens appartements de sa mère. Veuillez l'excuser... c'est clairement impardonnable, mais dites-vous qu'il n'a jamais voulu vous forcer. C'est contre-intuitif, mais refusez et il ne sera pas gêné par ça. »

« Hummm... il faut adopter une autre attitude avec lui en somme ? »

« Il faut surtout voir au-delà de sa figure, oui... froide et inexpressive à part pour les filles. Il a passé beaucoup de sa vie sur le champ de bataille depuis sa majorité. Il a presque trente ans mais c'est un enfant dans le fond. »

Enfance difficile et sans doute difficulté pour exprimer ce qu'il ressent ou juste pense. Elle soupira.

« Je ferai ce que je peux. »

« Merci... et s'il se montre un peu insistant à sa manière, juste dites-lui non et expliquez les choses. »

Elle n'avait pas osé avant car elle avait le peuple dans sa tête. Refuser aurait pu, de son point de vue, être pire que tout. Maintenant qu'elle savait que ce n'était pas si terrible, elle pourrait sans doute doucement apprendre à communiquer avec lui.

« Je m'en souviendrai. »

Je ne veux plus me montrer aussi fragile et facile.

Les jours ont passé un peu. Il n'y avait quasiment pas d'interaction entre les deux partis. Chez lui, Léo avait ses habitudes. Entraînement le matin, ronde de surveillance dans la capitale, entraînement encore et réunions officielles.

Il n'y avait pas de place pour elle. Mais en mettant de côté ses préjugés sur lui, c'était sans doute un manque de temps, oui, mais aussi de la timidité. Si elle ne faisait pas le premier pas, personne ne le ferait en fin de compte.

Alors... elle le choppa lors d'un entraînement matinal avec ses hommes.

« Léo ! »

Cria-t-elle d'une voix forte dans une robe longue élégante. Il s'arrêta et ses hommes aussi. Pour la première fois, il sembla paniquer un peu. Il se précipita vers elle avant de lui attraper le bras et de se diriger vers les jardins.

C'était de la gêne !

Pourtant rien sur son visage. Elle comprit clairement que, surtout face à des émotions comme la timidité, la surprise ou la gêne, il ne montrait encore moins sur son visage. Un mécanisme de défense.

À la guerre, il faut être concentré en tout temps. Ne jamais se montrer faible... même devant ses hommes. Pourtant, elle pouvait les entendre rire, signe que pour eux, c'était aussi normal. S'il était si terrible que ça, ils ne riraient pas ainsi.

Ainsi, il la tira pas follement à toute vitesse mais en prenant en compte ses talons jusqu'au jardin proche. Elle rit.

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« Donc toi aussi tu peux être gêné. J'ai bien de venir. »

Il détourna le visage, même si dessus aucune rougeur. Il se reprit rapidement.

« Tu voulais demander quelque chose ? »

Un ton fort et direct. Priscilla ne le laissa pas s'intimider par cette voix naturellement puissante.

« J'aimerais t'inviter à un rendez-vous... . »

Pour apprendre à se connaître, il fallait bien commencer quelque part.

« Oui ! »

Aucune hésitation. Il était content sans doute. Elle devrait clairement prendre son temps pour décrypter ses émotions avec si peu d'expressions. Elle tendit sa main et il la prit avec douceur, contrôlant parfaitement sa force.

Pas si mal pour commencer.

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