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Chapter 4 by zbloutch zbloutch

Quand s'en prend-il à Léa Seydoux?

À la sortie du studio

Léa quitta enfin le studio, agacée d'avoir du perdre son temps dans cette émission de merde. Son agent lui demandait régulièrement de donner ce type d'interview, mais elle les avait en horreur. Sans plus attendre, elle regagna le hall d'entrée et se dirigea vers la sortie.

-Bonne soirée, madame Seydoux, fit le vigile.

Léa l'ignora et rejoignit l'extérieur, ou l'attendait son chauffeur privé. Elle monta à l'arrière de la limousine.

-Ramenez-moi chez moi, dit-elle sèchement à son chauffeur.

La voiture se mit en marche et quitta les environs du studio. Si Léa avait pris la peine de regarder son chauffeur avant de lui donner ses instructions, peut-être aurait-elle remarqué que ce n'était plus celui qui l'avait déposé devant le studio quelques heures auparavant. Et si elle n'avait pas focalisé toute son attention sur son téléphone portable pendant les vingt minutes qui suivirent leur départ, elle aurait sans doute vu que la voiture ne suivait pas l'itinéraire habituel. Quand elle leva les yeux et ne reconnut pas l'endroit ou ils se trouvaient, elle toucha du doigt l'épaule du chauffeur.

-Paul, qu'est-ce que vous foutez ? Je vous avais dit de me ramener chez moi.

Elle vit alors le regard du chauffeur dans le rétroviseur. Un regard qui la fixait d'un air moqueur. Léa tressaillit en se rendant compte que ce n'était pas son chauffeur habituel. Sentant la panique la gagner, elle voulut ouvrir la portière pour sortir de la voiture en marche, mais cette dernière était verrouillée.

-Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous me voulez ?

-Je n'avais jamais eu l'occasion de conduire de limousine avant, répondit l'inconnu avec un sourire. Je me suis dit que l'occasion ne se représenterait probablement pas et j'en ai profité. Pardon, j'en oublie mes bonnes manières. Je m'appelle John. John Doe.

-Mon chauffeur, souffla Léa. Qu'est-ce que vous en avez fait ?

-Votre chauffeur ? Rien de bien méchant, rassurez-vous. Je lui ai proposé de me laisser la voiture en échange de votre appartement, votre fortune et tout le reste de vos biens. Il est sûrement en train d'organiser la soirée de sa vie dans son nouveau chez-lui.

Léa chercha autour d'elle un autre moyen de s'échapper, en vain. Dans un dernier espoir, elle demanda, timidement :

-C'est un canular, c'est ça ? Il y a une caméra cachée quelque part, et vous voulez juste avoir la réaction d'une célébrité sur internet ?

-J'ai bien peur que non. Vous voyez, j'ai ce pouvoir. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais disons que quand je vois quelque chose qui me déplaît ou qui a besoin de modifications selon moi, je suis capable de le changer comme je veux.

L'actrice s'efforçait de garder son calme, mais cela n'empêchait pas une peur de plus en plus forte de la gagner quand elle comprit qu'elle avait affaire à un fou.

-Qu'est-ce que vous me voulez, fit-elle d'une voix faible. J'ai de l'argent, je peux...

-Alors déjà, non, vous n'avez pas d'argent. C'est votre chauffeur qui l'a récupéré, vous vous rappelez ? Quand à ce que je vous veux...j'ai suivi votre interview avec beaucoup d'attention, vous savez. Notamment la partie sur...comment vous appeliez ça...l'école de la vie ! Un concept très intéressant, mais il y avait une faille dans votre raisonnement.

Pendant qu'il parlait, Léa avait saisi son téléphone et avait entré le numéro de la police. Elle appuya sur le bouton vert pour lancer l'appel, mais au lieu d'obtempérer, l'appareil s'éteignit soudain.

-Inutile, le téléphone ne marchera pas ici, commenta John Doe comme s'il avait deviné ce que voulait tenter Léa à l'arrière de la voiture.

Léa voulut se lever de son siège pour frapper son ravisseur, l'obliger à s'arrêter, mais à son grand effroi, elle se rendit compte que son corps refusait d'obéir. Même en rassemblant toute sa volonté, elle était incapable de lever la main sur John.

-Enfin, pour revenir à votre interview, j'ai trouvé votre concept intéressant, donc. J'y ai juste vu une faille. Ce que vous appelez l'école de la vie, c'est le fait d'avoir grandi dans une famille riche, d'avoir des parents célèbres et un destin tout tracé. Quoi ? Vous n'allez quand même pas me faire croire que c'est grâce à votre talent que vous avez eu votre carrière !

En temps normal, elle aurait protesté, elle aurait insulté celui qui remettait ainsi en question le travail de sa vie, mais Léa était tétanisée. Le fait de ne pas savoir ce qui l'attendait la terrorisait au plus haut point.

-Qu'est-ce que vous allez me faire ? demanda-t-elle d'une voix tremblante.

-Rien de mal, rassurez-vous. Je pensais même vous faire un cadeau.

Léa haussa un sourcil interrogateur. Elle ignorait ce que ce fou pouvait bien avoir en réserve pour elle, mais elle n'osait pas le contrarier en s'en prenant de nouveau à lui.

-Oui, un cadeau. Je vais vous donner l'occasion de faire l'école de la vie, la vraie. En partant du bas de l'échelle cette fois. Si vous arrivez à vous élever jusqu'à votre niveau actuel en partant de rien, vous aurez prouvé que j'avais tort, et je vous rendrai tout ce que je vous ai pris. Sinon...eh bien, le monde n'aura pas perdu grand chose.

-Qu'est-ce que vous racontez ? Vous allez remonter dans le temps pour changer ma vie ? Fit Léa avec un regard incrédule.

Le regard de John, visible dans le rétroviseur de la voiture, se fit plus perçant, et Léa se rendit vite compte qu'elle était incapable de détourner les yeux de ce regard.

-Non. Les voyages dans le temps sont trop compliqués, trop risqués. Et inutiles, quand on peut directement changer la réalité. Ce qui m'amène à la suite. Maintenant, regarde-moi.

Subjuguée par le ton de John, Léa obéit, incapable désormais de prononcer une seule parole.

-Tout a toujours été facile pour toi. On va compliquer un peu les choses. Exit la taille de mannequin...

Léa resta immobile quelques instants, à se demander ce que John avait voulu dire par là, quand elle sentit soudain les premiers changements. Elle eut d'abord l'impression de flotter dans sa robe, comme si cette dernière était devenue trop large. Soudain, elle comprit et retint un cri. Ce n'était pas la robe qui devenait trop large, mais elle-même qui rétrécissait. D'1m68, elle passa à 1m65, puis 1m60, puis 1m55, pour finalement s'arrêter à 1m50. Sa robe trop grande glissa le long de ses épaules, dévoilant une paire de seins qui semblaient plus gros sur son petit corps. Sa masse corporelle était restée la même, répartie sur une taille plus petite, ce qui lui donnait un aspect plus potelé. Elle n'avait plus grand chose de la silhouette mince et svelte qui l'avait fait connaître.

-Si ça peut te rassurer, je te trouve toujours jolie comme ça. Mais je doute que les agences de mannequins soient du même avis.

-S'il vous plaît, parvint à articuler Léa au prix d'un effort surhumain. Je ferai tout ce que vous voulez.

-Je le sais, Léa. Je le sais. Enfin, pour revenir à nos moutons, l'autre injustice à corriger, c'est le fait que tu aies toujours pu compter sur ton réseau pour te pistonner quand tu en avais besoin. Maintenant, imaginons que tu n'aies pas ce réseau. Mettons que tu sois étrangère, sans contact, sans diplôme, ne pouvant compter que sur toi-même.

Léa sentit soudain des picotements sur l'ensemble de son corps, comme si celui-ci était parcouru par des milliers d'insectes. S'efforçant de ne pas perdre la tête, elle se gratta frénétiquement les avant-bras pour se débarrasser de cette sensation. Elle écarquilla soudain les yeux en voyant ce qui lui arrivait. La peau de ses avant-bras s'assombrissait, passant d'un blanc laiteux à une couleur cuivrée, suivie par le reste de son corps. Ses cheveux, châtains et ondulés, perdirent soudain en longueur et en volume, pour devenir noirs et raides. Elle se retint de crier de douleur en sentant les os de son visage se déplacer. En quelques instants, ses yeux bleus étaient devenus noirs et bridés. Son nez s'était aplati et ses pommettes étaient désormais plus proéminentes. Elle vit son reflet dans le rétroviseur et sentit le désespoir la gagner. La personne qu'elle y voyait n'était pas elle. Elle voyait une femme de type asiatique, à l'expression affolée, mais son esprit refusait d'admettre qu'elle se voyait elle-même. Elle voulut à nouveau supplier son ravisseur de lui rendre son état normal.

-Làm ơn, tôi sẽ làm bất cứ điều gì bạn muốn...

Elle porta la main à sa bouche en écarquillant les yeux. Ce ne pouvait pas être elle qui venait de prononcer ces mots. Elle voulut réessayer, en se concentrant autant qu'elle pouvait pour formuler les phrases. Elle devait y arriver : « rendez-moi mon état normal et je vous récompenserai ». Ce n'était pas compliqué. Elle prit une profonde inspiration et prit la parole :

-Hãy trả lại cho tôi trạng thái bình thường và tôi sẽ thưởng cho bạn.

Cette fois, la fin de sa phrase se noya dans un sanglot quand elle se rendit compte qu'elle n'arrivait plus à s'exprimer en français. Elle avait beau se concentrer, elle ne parvenait plus qu'à parler d'une voix nasillarde, dans cette langue qu'elle ne maîtrisait pas quelques secondes auparavant. Elle prit sa tête entre ses mains, en état de choc.

-Điều đó là không thể...Điều đó là không thể...

-Et c'est là que nos chemins se séparent ! Lâcha John sur un ton enjoué.

La limousine s'arrêta brusquement au fond d'une ruelle sombre. Quelques mètres plus loin, un immeuble délabré, probablement infesté de rats et de puces. John se retourna et pour la première fois, il la regarda directement, sans l'intermédiaire du rétrovisuer.

-Maintenant écoute-moi bien. Tu t'appelles Huê. Tu es arrivée du Vietnam il y a quelques mois, sans parler un mot de français. Difficile de communiquer ou de trouver du travail, tu n'as donc pas tardé à devenir une pute pour gagner ta vie. Tu ne t'en sors pas trop mal, mais ça ne te permet pas de quitter cet immeuble miteux. Le bon côté, c'est que tu adores ton métier. Tu vis pour le sexe. Tu ne penses qu'à ça. Tu n'as pas d'autre but que de satisfaire tes clients.

Léa sentait les paroles de John envahir son esprit. Il lui était de plus en plus difficile de se concentrer. Non ! Il n'était peut-être pas encore trop tard. Elle pouvait peut-être encore résister. Elle était Léa Seydoux. Elle était une actrice célèbre. Elle était...elle était...

Elle sentait les souvenirs lui échapper petit à petit. Toute sa vie passée, qui elle était, tout ça disparaissait, remplacé par la nouvelle vie que lui avait dictée John. Elle crut entendre un son, tout au fond de son esprit, comme du verre brisé, et l'instant suivant, ce qui restait de son esprit s'effaça. Léa n'existait plus.

Huê observait les environs, sans se rendre compte ce qui venait de se passer. Elle baissa les yeux et vit la mini-jupe et le décolleté moulant mettre en avant son corps. John avait pris soin de modifier ses vêtements pour qu'ils corresponde mieux à sa nouvelle apparence et son nouveau métier. Elle leva les yeux et vit l'homme sur le siège avant lui tendre une liasse de billets. Elle sourit et prit la parole pour la première fois de sa nouvelle vie :

-Tôi muốn đụ...me...me so horny...

Quelques instants plus tard, Huê avait rejoint John à l'avant de la voiture. D'une main experte, elle avait ouvert la braguette de son client et en avait extrait son sexe tendu comme jamais. Après l'avoir décalotté, elle taquina d'abord le gland avec sa langue avant d'engloutir le membre entier comme une morte de faim. S'efforçant de garder contenance malgré tout, John reprit la parole :

-Si d'ici un an, tu as réussi à retrouver un statut social similaire à celui qui était le tiens en tant que Léa Seydoux, je te rendrai ta vie d'avant. Mais je doute que tu y parviennes.

John marqua une pause en sentant le plaisir monter en lui. Une dernière pensée lui vint à l'esprit et le poussa à parler :

-Par contre, je hais la paperasse, donc je n'ai pas vraiment pris la peine de te faire un passeport ou un titre de séjour. Donc si tu vois un flic, cache-toi. J'aurai du mal à te retrouver pour te rendre ta vie si tu te fais expulser vers le Vietnam.

Quelques minutes plus tard, Huê détacha ses lèvres de la bite de John dans un bruit de succion, un filet de sperme coulant à l'extrémité de sa bouche.

-Quay lại khi bạn muốn, anh chàng tốt bụng, fit-elle avait d'ajouter avec un air coquin : sucky sucky.

-À l'année prochaine, Huê. Profite bien !

Prochaine victime ?

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