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Chapter 5 by zbloutch zbloutch

Première victime

Charlotte contre la grossophobie

La première femme sur qui John arrêta son regard était une belle brune mince, aux petits seins fermes et pointus. Son pantalon cachait le bas du corps, mais la manière dont il moulait ses belles fesses laissait deviner que le reste de son corps était tout aussi impeccable. Une vraie taille de mannequin, quoi. John s’attarda sur les inscriptions écrites sur sa poitrine et son ventre.

STOP BODY SHAMING

Les yeux de John oscillèrent entre l’inscription et le visage de la jeune femme, une lueur d’incompréhension dans le regard, jusqu’à ce que son regard croise celui de la manifestante. Celle-ci poussa un soupir d’exaspération.

-C’est bon, tu t’es bien rincé l’œil comme tu voulais ? demanda-t-elle sur un ton cassant.

-Désolé, c’est juste que j’ai du mal à comprendre ce que vous avez écrit.

La Femen eut un sourire sarcastique.

-Oui, j’imagine que c’est difficile à comprendre pour un homme, de ne pas humilier une femme pour son corps.

-Non mais ce que je veux dire, c’est pourquoi on irait faire du body shaming sur vous ? Vous avez une silhouette parfaite, si vous voulez mon avis.

La jeune femme soupira à nouveau.

-J’ai écrit ça pour dire que quelle que soit la silhouette ou le poids d’une femme, son corps est magnifique. Toutes les femmes sont belles, c’est juste les hommes qui ne savent pas les regarder.

-Donc si vous voyiez une obèse de deux-cent kilos qui peut à peine marcher, vous diriez qu’elle est belle ?

-Oui, car c’est son choix et que son corps lui appartient.

-D’accord. C’est tout ce que je voulais savoir, fit John avec un sourire fourbe.

La Femen se retourna et voulut poursuivre sa marche, quand quelque chose d’inattendu se produisit. Le pantalon qui moulait parfaitement ses jambes se fit soudain plus serré, comme si son corps s’épaississait dessous. Elle voulut ajuster ce vêtement, perturbée, croyant que c’était juste un défaut du tissu, mais porta la main à sa bouche en voyant les bourrelets apparaître sur son ventre.

-Qu’est-ce que…

Ses seins se mirent soudain à grandir également. Cette croissance ne l’aurait peut-être pas dérangée sur elle n’avait pas été accompagnée par une poussée similaire de son ventre et de ses cuisses. Dans un craquement sec, son pantalon se déchira dans le sens de la longueur et tomba à ses pieds, dévoilant des cuisses et des fesses couvertes de cellulites qui semblaient continuer à grossir.

-Je ne comprends pas, que quelqu’un m’aide, s’il vous plait !

La Femen lança un regard paniqué autour d’elle, mais tout le monde semblait l’ignorer, comme si elle était invisible. Elle vit soudain John la fixer en réprimant un fou rire.

-C’est vous qui faites ça ? Comment vous faites !

-Attends, le meilleur est à venir, Charlotte, puisque c’est ton nom, apparemment.

Charlotte sentit soudain son visage enfler, suivant un peu tardivement le même chemin que le reste du corps. Ses joues se firent plus pleines et un double menton apparut.

Pendant ce temps, sa prise de poids continuait à une vitesse affolante. Ses seins étaient descendus jusqu’à l’endroit où se trouvait son nombril auparavant semblables à deux gants de toilette flasques. Quand à son ventre, il descendait désormais jusqu’à ses genoux. Ses fesses, désormais colossales, contrebalançaient ce nouveau poids à l’avant. Tout son corps n’était plus qu’un amas de plis et de bourrelets. Elle vit son reflet dans une vitrine et poussa un hurlement presque porcin.

-Qu’est-ce que vous m’avez fait ? Je suis un monstre !

-Comment ça, un monstre ? Vous veniez de me dire que toutes les femmes étaient belles, y compris les obèses !

-Oui, mais…je… bégaya Charlotte, les larmes coulant le long de ses joues boursouflées. Son double menton était désormais triple, et s’apparentait à un véritable goitre.

-Mais tu es une hypocrite, je me trompe ? C’est tellement facile de dire que les grosses sont belles et d’accuser la société de grossophobie quand on a soi-même une taille de mannequin. Essaie un peu de défendre tes idées avec ce nouveau corps.

Charlotte ressemblait désormais à une créature imaginaire, tant la masse grotesque qu’était devenu son corps ne semblait pas humaine.

-Ma famille…ils ne vont pas me reconnaître…

-Alors laisse-moi arranger ça. Voilà…maintenant, tout le monde pense que tu as toujours été comme ça. Même ton copain, avec qui tu avais rendez-vous ce soir après la manif.

Charlotte eut un mouvement de recul.

-Comment…comment vous pouvez…

-Du coup, il ne te connait pas et n’a jamais été en couple avec toi. Bah oui, il t’a toujours dit qu’il était féministe et qu’il partageait tes combats, mais c’était uniquement une excuse pour te pécho. Tu crois vraiment qu’il aurait envie baiser une baleine ? Ne t’en fais pas, il est désormais en couple avec son ex qu’il avait quittée pour toi, et ils sont très heureux comme ça.

-Pitié, je ferai tout ce que vous voulez…

-Mais je ne suis pas un monstre. Je ne vais pas te laisser comme ça, comme une boule de gélatine que personne ne toucherait, même avec des moufles.

Charlotte regarda John, une lueur d’espoir dans les yeux. Est-ce qu’il comptait lui rendre son apparence d’avant ?

-Non, tu vas quand même avoir une vie sexuelle. Tu vas tout de suite partir pour le bois de Boulogne, ou tu resteras le long de la route, avec un panneau sur lequel tu auras écrit « Gratuit ». Tu seras visitée par tous les puceaux, pervers en tous genres sans le sou, qui n’avaient pas les moyens de se payer une pute un peu potable.

-Non, je ne veux pas…je…non, attendez !

Les jambes de la Femen se mirent soudain à avancer indépendamment de sa volonté, éloignant pas à pas son corps énorme de la manif pour tous.

-Amuse-toi bien, lui lança John.

Seul un sanglot lui répondit. Il haussa les épaules et se tourna vers les autres manifestantes. Il hocha la tête avec un sourire appréciateur.

-Suivante, souffla-t-il.

Deuxième victime

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