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Chapter 6 by Bimbo_Slut Bimbo_Slut

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LE CORPS ÉTRANGER

Mois 1

Les jours se sont fondus en une routine cauchemardesque. Chaque matin, l'injection d'hormones. Chaque matin, cette sensation de brûlure dans mes veines, suivie de nausées qui me laissaient recroquevillé sur le sol des toilettes pendant des heures.

Les changements ont commencé subtilement. Ma peau est devenue plus douce, presque soyeuse. Mes mamelons se sont mis à gonfler, devenant si sensibles que le simple frottement du soutien-gorge me faisait grimacer de douleur. Et les sautes d'humeur. Mon Dieu, les sautes d'humeur.

Un instant, j'étais submergé par une rage incontrôlable, hurlant contre les murs. L'instant d'après, je m'effondrais en larmes pour un rien. Une fois, j'ai pleuré pendant vingt minutes parce que mon déjeuner était froid. Vingt minutes. Pour un repas froid. J'étais en train de perdre la raison.

Les sessions d'épilation laser ont commencé. Trois fois par semaine, Mélanie m'emmenait dans une pièce équipée d'une machine qui ressemblait à un instrument de ****. Elle passait le laser sur chaque centimètre de ma peau. La sensation était atroce, comme des milliers de piqûres d'aiguilles brûlantes.

« Ça va détruire les follicules pileux », expliquait-elle avec indifférence pendant que je serrais les dents. « Dans quelques mois, tu n'auras plus aucun poil. Ça sera permanent. »

Permanent. Ce mot revenait constamment. Chaque modification était permanente. Chaque changement était irréversible. Je perdais mon corps d'origine morceau par morceau, et je ne pourrais jamais le récupérer.

Le régime était une **** en soi. Mille calories par jour, c'était presque rien. J'avais constamment faim. Mon estomac gargouillait sans arrêt. Les portions minuscules qu'on me servait me laissaient affamé. Le pire, c'était de voir mon corps fondre. Mes muscles, que j'avais mis des années à développer à la salle de sport, se dissolvaient. Mes bras devenaient fins, mes cuisses perdaient leur masse.

Mais en même temps, quelque chose de nouveau apparaissait. Mes hanches semblaient s'élargir, mes fesses prendre du volume. Était-ce les hormones qui redistribuaient ma graisse corporelle ? Ou était-ce juste mon imagination, mon esprit qui cherchait des changements qui n'existaient pas encore ?

Les vêtements féminins sont devenus obligatoires vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Finies les pauses où je pouvais porter quelque chose de neutre. Maintenant, c'était des robes, des jupes, des leggings roses, toujours roses. La couleur me hantait. Rose bonbon, rose pâle, rose fuchsia. Comme si on voulait effacer toute trace de masculinité en m'immergeant dans la couleur la plus stéréotypiquement féminine possible.

Chloé continuait mes leçons de voix. Deux heures par jour, je répétais des phrases, des sons, essayant de trouver un registre plus aigu. Ma gorge me faisait constamment mal. Mais progressivement, ma voix changeait. Elle perdait sa profondeur, gagnait en douceur. C'était terrifiant d'entendre ces sons féminins sortir de ma bouche.

« Très bien, Lexi », me félicitait Chloé. « Tu fais des progrès rapides. Bientôt, plus personne ne pourra deviner. »

Le maquillage était une autre source de frustration. Chaque matin, je devais passer une heure devant le miroir à apprendre à dessiner mes yeux, mes lèvres, mes joues. Au début, je ressemblais à un clown. Les traits bavaient, les couleurs ne s'harmonisaient pas. Mais avec la pratique forcée, je m'améliorais malgré moi.

Le miroir était devenu mon ennemi. Chaque fois que je me regardais, je voyais un étranger. Quelqu'un qui ressemblait encore à Alexandre, mais pas tout à fait. Les contours s'estompaient. La personne dans le reflet devenait ambiguë, indéfinissable.

Le journal forcé était la pire humiliation. Chaque soir, je devais écrire mes « progrès » et ma « gratitude ». Au début, j'écrivais n'importe quoi, des mensonges évidents. Mais on me forçait à relire mes entrées à voix haute devant une caméra. Si le ton n'était pas assez convaincu, si je semblais ironique, la punition tombait. Décharges électriques. Privation de nourriture. Isolement dans le noir complet.

Alors j'ai appris à mentir mieux. À écrire des choses qui sonnaient sincères même si elles me retournaient l'estomac.

« Aujourd'hui, j'ai remarqué que ma peau était plus douce. Je suis reconnaissante envers Maîtresse Alexandra de me donner cette opportunité de devenir une meilleure version de moi-même. »

Des mots vides. Des mots de survie.

Vers la fin du premier mois, le changement le plus visible est apparu. Mes seins. Ou plutôt, ce qui allait devenir mes seins. Sous mes mamelons gonflés et douloureux, je sentais quelque chose de dur, comme de petites boules. Le bourgeonnement mammaire, avait expliqué Dr Morgane.

« C'est le tissu mammaire qui se développe. Dans quelques semaines, tu auras un vrai bonnet A. Naturel, pour commencer. Nous ajouterons des implants plus tard pour atteindre la taille désirée. »

Je me suis regardé dans le miroir ce soir-là. Torse nu, je voyais mes mamelons gonflés, rosés, féminins. Et en dessous, ce léger renflement. C'était réel. Ça m'arrivait vraiment. Mon corps devenait celui d'une femme.

J'ai éclaté en sanglots. Une crise de larmes incontrôlable qui m'a secoué pendant des heures. Je pleurais tellement que je ne pouvais plus respirer. Mon corps entier était secoué de spasmes. C'était pathétique. C'était humiliant. Mais je ne pouvais pas m'arrêter.

Les hormones, me répétais-je. C'est juste les hormones qui me rendent émotif. Mais au fond de moi, je savais que c'était plus que ça. C'était le chagrin. Le deuil de la personne que j'avais été. La terreur de ce que je devenais.

Cette nuit-là, pour la première fois, j'ai pensé sérieusement au suicide. Si je me jetais contre le mur assez fort, si je me cognais la tête encore et encore, peut-être que je pourrais...

Mais les caméras me surveillaient. Dès que j'ai fait un pas vers le mur, une voix a retenti :

« Lexi, recule. Maintenant. »

Ils savaient. Ils savaient tout. Il n'y avait aucune échappatoire. Même la mort m'était refusée.

Je me suis recroquevillé sur mon lit, serrant l'oreiller rose contre ma poitrine naissante, et j'ai attendu que le sommeil vienne. Il a fini par venir, apportant avec lui des rêves où je courais dans un couloir sans fin, poursuivi par mon propre reflet.

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