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Chapter 4 by zbloutch zbloutch

Qui a-t-il en face de lui ?

Une veuve qui veut se venger de la fille de son mari

John regarda plus attentivement son interlocutrice. La femme qui lui faisait face avait sûrement d'une beauté stupéfiante vingt ans auparavant. Aujourd'hui encore, elle avait de beaux restes, mais ces derniers tenaient avant tout à la chirurgie esthétique qu'à la nature. Ses seins siliconés, serrés dans un haut bien trop petit, son faux bronzage qui lui donnait un teint presque orangé, son visage tellement lifté qu'il en était presque inexpressif...tout indiquait que la cougar qui venait de frapper à sa porte craignait terriblement les ravages du temps et cherchait à garder une apparence jeune et sensuelle, sans se soucier du ridicule. Une teinture blonde pétante et une bouche enflée au collagène encadraient ce visage peu naturel.

-Je vous en prie, entrez, fit John en reculant d'un pas.

-Merci, fit la nouvelle venue, visiblement soulagée, avant d'entrer dans l'appartement. John et elle s'installèrent sur le canapé et se firent face. L'occupant de l'appartement claqua des doigts, et deux verres de vin rouge apparurent sur la table basse. John sourit. Il aimait toujours faire son petit effet. Il saisit les deux verres et en tendit un autre à sa visiteuse.

-Je vous écoute, dit-il avant de prendre une gorgée de vin.

-Eh bien voilà...je m'appelle Chantal. Et mon mari est décédé il y a quelques semaines.

-Je suis désolé de l'apprendre, mentit John.

Il dévisagea Chantal pendant quelques instants, essayant de deviner ce qu'elle allait lui demander. Elle n'allait quand même pas lui demander de le ramener à la vie ? Pour qui le prenaît-elle ? Quelqu'un de bien ?

-Et j'ai un souci avec l'héritage.

John poussa un soupir de soulagement devant cette manifestation de cupidité. Visiblement, elle n'allait pas lui demander de faire régner la paix et la justice dans le monde, mais probablement de l'aider à s'enrichir, quitte à ce que ça se fasse au détriment d'une meilleure personne.

-Ah ? S'enquit-il.

-Oui, voyez-vous, j'ai épousé mon mari il y a une vingtaine d'années. Je n'avais que 25 ans mais lui en avait déjà plus de 50.

-L'amour n'a pas d'âge, fit John sur un ton qui moquait les paroles qu'il prononçait.

-L'argent non plus, rétorqua Chantal. Parce que c'est uniquement pour ça que je l'ai épousé. Le vieux croûton était blindé à un point, vous n'avez pas idée.

John rit pour de bon à cette dernière remarque. Cette femme lui plaisait, décidément.

-Pendant 20 ans, j'ai supporté son vieux corps, ses problèmes d'érection, ses principes à la con, en me disant que ça allait se payer un jour, quand il allait casser sa pipe et que j'allais me retrouver en possession de ses millions. Mais ça ne s'est pas passé comme prévu. Il avait une fille, vous voyez.

Les mâchoires de Chantal se serrèrent à l'évocation de cette personne.

-Elle s'appelle Sarah. De son mariage précédent. Elle était gamine quand son père a quitté sa mère pour moi. J'ai toujours su qu'elle serait un danger, alors pendant vingt ans, j'ai tout fait pour monter mon mari contre elle. Je croyais avoir réussi. Jusqu'à la semaine dernière, quand le notaire nous a lu son testament.

-Le testament vous a déçu, j'imagine.

-Et pas qu'un peu ! Il ne m'a laissé qu'une pension misérable. Sa fille, cette pétasse, a eu tout le reste.

Elle vida d'un trait le verre de vin que John lui avait donné, sentant la colère monter en elle.

-Toutes ces années pour rien. Mes plus belles années, je les ai passées à bichonner ce salaud, et il me fait ça.

-C'est honteux, en effet. Et cette Sarah...vous pouvez m'en dire plus sur elle ?

Les yeux de Chantal s'emplirent de haine pure à l'évocation de ce nom.

-C'est une personne formidable, dit-elle, les dents serrées. Brillante étudiante, engagée pour plein de causes humanitaires, jeune, jolie, en couple avec le même homme depuis des années, lui aussi un homme bien.

Une larme coula le long de sa joue, qu'elle essuya d'un revers de la main.

-C'est quelqu'un de bien, et elle mérite sûrement de toucher tout l'héritage. Mais je la hais. Je la hais à un point. Je veux qu'elle paie. Je veux qu'elle souffre.

John se leva du canapé et se mit à faire les cent pas à travers la pièce, perdu dans ses pensées. Finalement, il se tourna vers son interlocutrice qui l'observait avec appréhension.

-Je vais vous aider, Chantal.

-Merci, souffla Chantal, visiblement soulagée.

-Et sais exactement ce que nous allons faire, ajouta-t-il avec un sourire diabolique.

Chez Sarah

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