Que décident-elles?

Tenter de s'enfuir.

Chapter 18 by Tarham

Camille prit la parole :

« Je pense que c’est assez clair, si on reste ici il va revenir de toute façon.

  • Oui c’est sûr ! Surenchérit Anne-B. Alors on bouffe et on se barre.
  • Mais mais mais… On va pas se trimballer dans les bois à poils ?!?! Bégaya Laure.
  • J’ai dit quoi y a deux secondes ? Pas le moment de faire ta sainte nitouche !
  • De toute façon ce pervers ne nous laisse pas le choix, dit Gaëlle. Et avec un peu de chance il se contentera de nous mater traverser la forêt à poil.
  • Mouais… » acquiesça Laure, pas si convaincue que ça.

    Tandis que Laure et Gaëlle allait attraper les sandwiches et l’eau sur la table, leurs estomac leur rappellant qu’elles n’avaient pas mangé depuis la veille, Camille vit qu’Anne-B fixait le sol.

    « Qu’est ce qu’il y a ?

  • Rien… Enfin je crois… C’est juste que c’est bizarre, y a pas d’empreintes dans la poussière à part les nôtres. »

    Les trois se regardèrent inquiètes, mais Camille se doutait bien que Peysson devait pouvoir réussir ce genre de passe-passe. Tout en dévorant la nourriture qu’il leur avait abandonné, les filles fouillèrent le chalet pour voir ce qui s’y trouvait et s’il n’y avait vraiment rien pour cacher leur nudité. Il n’y avait rien à par le cadavre d’un gros rat mais Camille et Gaëlle confectionnèrent des gourdins avec ce qu’il restait d’un des lits. Puis elles consultèrent la carte :

    « Donc on doit être ici, commença Gaëlle. Et la route est par là, au sud mais y a une bonne trotte, c’est au moins 10 kilomètres.

  • Quoi ??? Putain ça fait loin… râla Anne-B.
  • Ça se voit que t’es une citadine ! rétorqua Laure. C’est faisable à pieds mais par contre on risque de morfler avec nos pieds nus…
  • Vaut mieux pas y penser » dit Gaëlle.

    Camille ne dit rien, trop occupée à scruter le coucher du soleil à travers les fentes des volets. Elle savait ce qui se passerait une fois celui-ci couché. Peysson reprendrait sa forme de loup-garou et ses amies n’auraient aucune chance. Elle frissonna d’appréhension, sentant se hérisser ses poils mais aussi ses mamelons. Une Anne-B blagueuse lui souffla alors un : « On dirait que ça te fais de l’effet de me voir toute nue… ». Les filles rirent un peu nerveusement mais la boutade avait eu l’effet escompté en faisant baisser la tension.

    Gaëlle puis Anne-B tentèrent d’ouvrir la porte mais les gonds de celle-ci semblaient avoir rouillés depuis longtemps. Puis ce fut au tour de Camille d’essayer et, dans un grincement déchirant, elle céda. La jeune fille fut un peu surprise d’y arriver aussi facilement alors qu’Anne-B avait toujours été plus forte qu’elle mais personne ne releva. Dehors les derniers rayons du soleil étaient en train de disparaitre derrière les arbres mais il faisait suffisamment chaud pour qu’aucune des filles ne souffrent de sa nudité. D’ailleurs, seule Laure semblait encore gênée, ramenant souvent ses mains sur ses seins ou sur son entrejambe.

    Gaëlle poussa un petit cri, montrant du doigt un arbre où semblaient pendre de longs tubes. En s’approchant, les vacancières virent qu’il s’agissait des fameuses lampes torches. Peysson les avait solidement accrochés en hauteur et elles pendouillaient à plus de trois mètres du sol. Elles étaient encore en train de discuter de comment les récupérer quand Camille vit avec un pincement de cœur le soleil disparaitre à l’horizon. Elle savait que ses amies allaient être traquée et très probablement violée avec autant de violences qu’elle-même. L’adolescente aurait aimé pouvoir leur dire de fuir le plus vite possible mais rien ne sortit de sa bouche.

    Lorsqu’il n’y eut plus un seul rayon de lumière, un hurlement de loup terrifiant s’éleva de la forêt, en direction de la route, et toutes les filles se figèrent, le cœur battant à tout rompre.

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